Ce qui gaspille le plus de budget sur Google Ads, ce sont les clics qui n’avaient aucune chance de devenir des clients : des recherches hors sujet, une zone de diffusion trop large, des annonces qui mènent à une page inadaptée. S’y ajoute une erreur qui empêche de voir toutes les autres : l’absence de suivi des conversions. Voici une liste de contrôle pour passer votre compte en revue, dans l’ordre où les fuites coûtent le plus.
Payer pour des recherches qui ne vous concernent pas
C’est la fuite la plus fréquente. Quand vous choisissez un mot-clé, Google ne se limite pas à cette expression exacte : selon le type de correspondance, il diffuse aussi vos annonces sur des recherches qu’il juge proches. Un menuisier qui achète « fenêtre bois » peut ainsi payer des clics sur « fenêtre bois occasion », « fenêtre bois à poser soi-même » ou « formation menuisier ».
Ce qu’il faut vérifier
- Le rapport des termes de recherche. Il montre les requêtes réellement tapées par les internautes. Consultez-le chaque semaine au lancement, puis régulièrement.
- Les mots-clés à exclure. Ajoutez en négatif tout ce qui n’apporte pas de clients : « gratuit », « emploi », « occasion », « tuto », les noms de concurrents si vous ne les visez pas, les produits que vous ne vendez pas.
- Les types de correspondance. La requête large peut fonctionner avec un suivi des conversions solide et assez de données ; sans cela, préférez des correspondances plus strictes.
Diffuser trop loin, trop tard, sur les mauvais réseaux
Plusieurs réglages par défaut élargissent la diffusion sans que l’annonceur s’en rende compte.
- La zone géographique. L’option qui inclut les personnes « intéressées par » votre zone peut afficher vos annonces à des internautes situés ailleurs. Pour une activité locale, ciblez les personnes présentes ou habituellement présentes dans votre zone.
- Le Réseau Display et les partenaires de recherche. Une campagne sur le Réseau de Recherche peut être étendue par défaut à d’autres emplacements. Ce n’est pas toujours mauvais, mais il faut le décider, et mesurer séparément.
- Les horaires. Si vous vendez par téléphone, diffuser la nuit ou le dimanche quand personne ne décroche revient à payer des appels manqués.
- Les appareils. Comparez les résultats sur mobile et sur ordinateur : l’écart est souvent net selon les métiers.
Ne pas mesurer les conversions, ou mal les mesurer
Sans suivi des conversions, vous savez combien vous dépensez, mais pas ce que cela rapporte. Vous ne pouvez pas couper les mots-clés inutiles, et les stratégies d’enchères automatiques de Google n’ont rien pour apprendre.
L’erreur inverse existe aussi : compter comme conversion un simple clic sur la page contact, une visite de plus de quelques secondes ou un ajout au panier. Les chiffres paraissent bons, mais l’algorithme optimise alors pour des actions qui n’ont aucune valeur commerciale.
Les conversions à suivre en priorité
- Les formulaires de contact ou de devis envoyés (page de remerciement ou événement).
- Les appels issus des annonces et les clics sur le numéro depuis le site.
- Les achats, avec leur montant, pour un site e-commerce.
- Si possible, l’import des ventes réellement conclues, pour distinguer les bons contacts des autres.
Envoyer les clics vers la mauvaise page
Une annonce bien ciblée peut échouer à cause de sa page d’arrivée. L’internaute qui cherche « ravalement de façade » et tombe sur une page d’accueil générale doit chercher l’information : beaucoup repartent. La page d’arrivée doit reprendre la promesse de l’annonce, présenter l’offre précise, rassurer (références, garanties, zone d’intervention) et rendre le contact évident, surtout sur mobile.
La qualité de la page joue aussi sur le coût : Google en tient compte dans le niveau de qualité de vos mots-clés, qui influence le prix de chaque clic. Une landing page dédiée est souvent le meilleur investissement d’un compte qui stagne.
Mélanger tout dans une seule campagne
Une campagne unique avec tous vos services, toutes vos zones et un seul budget empêche de piloter. Le service le plus recherché absorbe le budget, et celui qui rapporte le plus n’est peut-être plus diffusé. Séparez les campagnes selon ce qui doit être piloté différemment : une offre, une zone, une marge. À l’intérieur, regroupez les mots-clés par thème pour que chaque annonce corresponde vraiment à la recherche.
Pensez aussi à votre propre nom de marque : le mettre dans la même campagne que vos mots-clés génériques fausse les résultats, car ces recherches convertissent presque toujours bien.
Laisser tourner sans regarder, ou tout changer trop vite
Un compte Google Ads ne se règle pas une fois pour toutes. Les concurrents changent leurs enchères, les recherches évoluent, Google ajoute des options. Un compte laissé sans suivi dérive. Mais l’excès inverse coûte aussi : modifier enchères, annonces et ciblages tous les deux jours empêche d’obtenir des données exploitables, et perturbe les stratégies automatiques qui ont besoin d’une période d’apprentissage.
Le bon rythme : une routine fixe (termes de recherche, budget consommé, conversions, annonces les plus faibles), des changements un par un, et un délai suffisant avant de juger.
Les autres petites fuites à contrôler
- Des annonces sans éléments complémentaires (liens annexes, accroches, numéro d’appel), qui occupent moins de place.
- Des recommandations automatiques acceptées sans lecture : certaines augmentent surtout la dépense.
- Des enchères sur des mots-clés très chers alors que des variantes plus précises existent.
- Un budget trop faible réparti sur trop de campagnes : aucune n’a assez de données pour progresser.
En résumé
Les pertes sur Google Ads viennent surtout de clics mal ciblés et d’un pilotage à l’aveugle. Commencez par installer un suivi des conversions fiable, puis nettoyez les termes de recherche, resserrez la zone et les horaires, et soignez les pages d’arrivée. Si vous préférez confier ce travail, notre équipe gère et audite des comptes Google Ads ; et si vous voulez le faire vous-même, la formation Google Ads vous donne la méthode.



