Un professionnel de santé peut publier en ligne des informations sur son activité : ses compétences, ses pratiques, son parcours, ses conditions d’exercice, ainsi que des contenus d’information à destination du public. Cette communication doit rester loyale, honnête, non comparative et ne pas présenter la santé comme un commerce. Sont proscrits notamment les procédés publicitaires, les promesses de résultats et les témoignages de patients. Les règles précises dépendent de votre profession et de son code de déontologie : en cas de doute, votre ordre reste la référence.
Le principe : informer, pas promouvoir.
Les codes de déontologie des professions de santé réglementées (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers, pédicures-podologues) ont été assouplis pour autoriser une communication au public. Mais l’esprit reste le même : la communication doit aider le patient à s’orienter et à comprendre, et non chercher à attirer une clientèle par des arguments commerciaux.
Concrètement, une information est acceptable si elle est :
- loyale et honnête : exacte, vérifiable, sans exagération ;
- claire : compréhensible par un patient, sans jargon inutile ;
- non comparative : pas de comparaison avec des confrères ;
- scientifiquement fondée lorsqu’elle porte sur la santé ;
- prudente : elle ne suscite pas de besoin injustifié et n’incite pas à des actes inutiles.
Ce que vous pouvez publier.
Les informations pratiques
- vos coordonnées, horaires, modalités de prise de rendez-vous ;
- l’accès au cabinet, l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite ;
- votre situation conventionnelle et les informations sur vos honoraires, conformément aux règles de votre profession ;
- les langues parlées.
Votre parcours et vos compétences
- vos diplômes et titres reconnus ;
- vos compétences et orientations d’exercice, dans les limites de ce que votre ordre autorise à mentionner ;
- les techniques et actes que vous pratiquez, présentés de façon factuelle.
Des contenus d’information
Expliquer une pathologie, le déroulement d’une consultation, la préparation à un examen, les questions fréquentes de vos patients : ce type de contenu est utile et généralement admis, à condition qu’il soit exact, prudent et sans visée promotionnelle. Il répond aussi aux recherches des patients sur internet, ce qui sert votre visibilité.
Un bon test : si un confrère lisait votre page, y verrait-il une information utile au patient ou une publicité ? Si la réponse fait hésiter, reformulez.
Ce qui reste interdit ou déconseillé.
- Les promesses de résultats ou de guérison, et les formules du type « traitement le plus efficace ».
- Les comparaisons avec d’autres praticiens ou d’autres établissements.
- Les témoignages de patients, y compris présentés comme des avis : ils sont contraires à l’esprit de la déontologie et posent des questions de secret professionnel.
- Les photos avant et après à visée promotionnelle.
- Les offres commerciales : réductions, promotions, parrainage.
- Les titres ou spécialités non reconnus, ou présentés de façon ambiguë.
- La publicité payante à visée commerciale, au sens des procédés publicitaires interdits par les codes de déontologie.
La fiche Google et les avis des patients.
Votre cabinet a souvent une fiche Google, créée par vous ou automatiquement. Il est important de la revendiquer pour en contrôler les informations : adresse, horaires, téléphone, lien vers votre site ou votre service de prise de rendez-vous. Notre page SEO local détaille ce travail.
Les avis posent une difficulté particulière. Les patients peuvent en laisser librement, mais :
- ne les sollicitez pas activement ;
- si vous répondez, ne confirmez jamais qu’une personne est votre patient et ne donnez aucune information médicale : le secret professionnel s’applique aussi en ligne ;
- pour un avis diffamatoire ou injurieux, utilisez la procédure de signalement de Google plutôt qu’une réponse publique.
Les réseaux sociaux.
Ils sont possibles, avec les mêmes règles. Quelques précautions supplémentaires :
- séparez clairement compte personnel et compte professionnel ;
- ne répondez jamais à une question médicale individuelle en public, et évitez la consultation par message ;
- vérifiez qu’aucun patient n’est reconnaissable sur une photo du cabinet ;
- gardez un ton mesuré sur les sujets de santé publique, en vous appuyant sur des sources reconnues.
Les professions de santé non réglementées par un ordre.
Certains professionnels du soin et du bien-être (ostéopathes, psychologues, diététiciens, sophrologues et d’autres) ne relèvent pas d’un ordre ou relèvent de règles différentes. Ils restent soumis au droit commun : interdiction des pratiques commerciales trompeuses, des allégations de santé non justifiées, et règles spécifiques à l’usage de leur titre. La prudence est la même : ne promettez jamais de guérison, ne présentez pas votre pratique comme un substitut à un traitement médical et appuyez vos explications sur des sources fiables.
Le site du cabinet : ce qu’il doit contenir.
- Une page de présentation du ou des praticiens, avec diplômes et parcours.
- Une page par type de prise en charge ou d’acte, expliqué de façon claire.
- Les informations pratiques : accès, horaires, honoraires, prise de rendez-vous.
- Quelques contenus d’information qui répondent aux questions fréquentes.
- Des mentions légales complètes et une politique de confidentialité, d’autant plus soignée que les données de santé sont sensibles.
Soignez aussi la sobriété du site : des pages rapides, lisibles sur téléphone, avec une hiérarchie claire, sont plus utiles à un patient inquiet qu’une mise en scène spectaculaire. Pour un site conçu dans le respect de ces règles, consultez notre page site vitrine.
Les questions à vous poser avant de publier.
- Cette information est-elle exacte, vérifiable et à jour ?
- Est-elle utile au patient pour comprendre ou s’orienter ?
- Contient-elle une promesse, une comparaison ou un argument commercial ?
- Un patient pourrait-il être identifié, directement ou indirectement ?
- Mon ordre pourrait-il y voir un procédé publicitaire ?
En résumé
Un professionnel de santé peut communiquer en ligne pour informer : présenter son parcours, ses pratiques, ses conditions d’exercice et des contenus utiles aux patients. Il doit rester loyal, factuel et non comparatif, et s’interdire promesses, témoignages, offres commerciales et toute atteinte au secret. Vérifiez les règles de votre profession auprès de votre ordre en cas de doute. Notre page dédiée au secteur de la santé présente notre accompagnement.



