Un avocat peut présenter son cabinet, ses domaines d’activité, ses honoraires et publier des contenus juridiques sur son site, et il peut même faire de la publicité. Cette communication doit respecter les principes essentiels de la profession : dignité, loyauté, délicatesse, confraternité, secret professionnel, et ne doit être ni trompeuse ni comparative. Certaines règles sont précises : mentions obligatoires, usage encadré du terme « spécialiste », nom de domaine, information de l’ordre. Le règlement intérieur national de la profession et celui de votre barreau font foi.
Le cadre général : informer avec dignité.
La publicité personnelle et la sollicitation personnalisée sont autorisées pour les avocats, à condition de procurer une information sincère sur la nature des prestations de services proposées. Les principes à garder en tête :
- la sincérité : aucune information inexacte ou de nature à induire en erreur ;
- la dignité : le ton, les visuels et les formules doivent rester compatibles avec la profession ;
- la confraternité : aucune comparaison avec d’autres avocats, aucun dénigrement ;
- le secret professionnel : rien qui permette d’identifier un client ou une affaire sans son accord, et dans les limites du secret.
Le nom de domaine et les mentions obligatoires.
Le nom de domaine
Le nom de domaine du site doit en principe comporter le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, qui peut être suivi ou précédé du mot « avocat ». Un nom de domaine purement générique, qui laisserait croire à un service officiel ou à une plateforme neutre (par exemple un domaine réduit à un domaine du droit), n’est pas admis. Vérifiez les règles exactes avant de réserver.
L’information de l’ordre
L’avocat doit informer l’ordre dont il relève de la création de son site et des noms de domaine utilisés. Faites-le dès la mise en ligne.
Les mentions à faire figurer
- le nom de l’avocat ou du cabinet, la structure d’exercice ;
- le barreau d’inscription ;
- l’adresse du cabinet et les coordonnées ;
- les mentions légales applicables à tout site professionnel et les informations relatives à la protection des données ;
- les informations sur la médiation de la consommation, pour les clients particuliers.
Domaines d’activité et spécialisations.
C’est l’un des points les plus encadrés.
Les domaines d’activité
Vous pouvez indiquer les domaines du droit dans lesquels vous intervenez, dans la limite fixée par les règles de la profession. Ils décrivent votre pratique, sans prétendre à une qualification particulière.
Les mentions de spécialisation
Le terme « spécialiste » et les mentions de spécialisation sont réservés aux avocats titulaires d’un certificat de spécialisation délivré par l’instance nationale de la profession. Il ne peut être utilisé que pour la spécialité obtenue.
Attention aux formules qui contournent la règle : « expert en », « spécialisé dans », ou un titre de page laissant entendre une spécialisation non certifiée exposent à des difficultés déontologiques.
Honoraires, résultats et références clients.
Les honoraires
Vous pouvez communiquer sur vos honoraires et sur leurs modes de calcul (forfait, taux horaire, honoraire de résultat complémentaire), de façon claire et non trompeuse. Préciser les prestations incluses et rappeler qu’une convention d’honoraires sera établie sont de bonnes pratiques. Une offre présentée comme un prix d’appel sans réalité serait problématique.
Les résultats
Mettre en avant des taux de réussite ou des montants obtenus est risqué : ces chiffres sont difficiles à vérifier, dépendent de chaque dossier et peuvent induire le public en erreur. Préférez la description de votre approche et des types de dossiers que vous traitez.
Les références clients et les avis
La mention de clients est soumise au secret professionnel : elle n’est envisageable qu’avec l’accord exprès du client et dans les limites admises par la profession. Les témoignages et avis demandent la même prudence. Si votre cabinet a une fiche Google, ne répondez jamais à un avis en révélant quoi que ce soit d’un dossier.
Les contenus juridiques : un atout, avec des précautions.
Publier des articles qui expliquent une procédure, un changement de loi ou les questions fréquentes de vos clients est utile au public et à votre visibilité. Quelques précautions :
- datez et mettez à jour les articles quand le droit évolue ;
- précisez qu’un article ne constitue pas une consultation et ne remplace pas l’examen d’une situation particulière ;
- ne racontez pas un dossier réel de façon identifiable ;
- gardez un ton pédagogique plutôt que commercial.
Ces contenus sont aussi la meilleure façon d’apparaître sur les recherches des justiciables. Notre page rédaction SEO explique comment les rendre utiles et visibles.
Publicité en ligne et réseaux sociaux.
La publicité payante, sur les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux, est possible dans le respect des mêmes principes : message sincère, digne, sans comparaison. Sur les réseaux sociaux, gardez à l’esprit que vous restez avocat même sur un compte personnel : commentaires sur des affaires en cours, propos sur des confrères ou des magistrats, prises de position sur des dossiers demandent une grande retenue.
Le site d’un cabinet : la structure recommandée.
- Une page de présentation de chaque avocat : parcours, barreau, langues, certificat de spécialisation éventuel.
- Une page par domaine d’activité, qui explique les situations traitées et la façon de procéder.
- Une page sur les honoraires et le déroulement d’un premier rendez-vous.
- Des contenus d’information juridique régulièrement mis à jour.
- Un contact sécurisé, avec une mention claire sur la confidentialité des échanges et des données transmises.
Avant la mise en ligne : relisez chaque page en vous demandant si une formule pourrait être perçue comme trompeuse, comparative ou contraire à la dignité de la profession. En cas de doute, la commission déontologie de votre ordre peut vous éclairer.
Pour un site sobre, clair et conforme, consultez notre page site vitrine.
En résumé
Un avocat peut présenter son cabinet, ses domaines d’activité et ses honoraires, publier des contenus et faire de la publicité, à condition de rester sincère, digne et confraternel. Les points de vigilance : le nom de domaine, l’information de l’ordre, le terme « spécialiste », les résultats chiffrés, les références clients et le secret professionnel. Les règles de votre profession et de votre barreau font foi. Notre page professions juridiques et du chiffre présente notre accompagnement.



