Le site internet d’un avocat doit respecter les règles de communication de la profession, fixées par l’article 10 du Règlement intérieur national (RIN) : mentions obligatoires, nom de domaine encadré, déclaration à l’Ordre et interdiction de toute publicité trompeuse ou comparative. Dans ce cadre, un site bien conçu reste le premier outil pour être trouvé par de nouveaux clients. Voici ce qu’il faut prévoir, des obligations au référencement.
Les règles à respecter
Le vade-mecum de la communication des avocats publié par le Conseil national des barreaux (CNB) détaille ces règles. Les principales :
Les mentions obligatoires
Le site doit permettre d’identifier et de localiser l’avocat : nom, adresse professionnelle, coordonnées, barreau d’inscription, structure d’exercice et, le cas échéant, réseau auquel il appartient. Un avocat exerçant en entreprise individuelle ajoute la mention « entrepreneur individuel » ou « EI ».
Le nom de domaine
Selon l’article 10.5 du RIN, le nom de domaine doit comporter le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet, en entier ou en abrégé, éventuellement précédé ou suivi du mot « avocat ». Les noms génériques qui évoquent un domaine du droit ou une activité réservée (du type « divorce-paris.fr ») sont exclus.
La déclaration à l’Ordre
La création du site et ses modifications substantielles doivent être déclarées à l’Ordre. Prévoyez-le dans le planning de mise en ligne.
Ce qui est interdit
- toute publicité mensongère ou trompeuse ;
- toute mention comparative ou dénigrante envers des confrères ;
- le nom des clients, même avec leur accord, sauf cas très particuliers ;
- le mot « spécialiste » sans certificat de spécialisation délivré par le CNB.
Spécialisations et domaines d’activité
Un avocat peut afficher ses spécialisations certifiées et, s’il le souhaite, jusqu’à trois domaines d’activité dominants, à condition qu’ils correspondent à une pratique réelle et habituelle. Le vocabulaire compte : on parle de « domaines d’activité dominants », pas de spécialités, sans certificat.
Les pages qui comptent
- Une page par domaine d’intervention : droit de la famille, droit du travail, droit des affaires… Chaque page explique les situations traitées, la façon de travailler et les premières démarches. C’est ce qui permet d’apparaître sur « avocat droit du travail Paris ».
- Une page « le cabinet » : parcours, barreau, langues parlées, photo. Les clients choisissent une personne autant qu’un cabinet.
- Une page « honoraires » : sans afficher de grille, expliquer comment les honoraires sont déterminés (forfait, temps passé, résultat) et rappeler la convention d’honoraires rassure et filtre les demandes.
- Une page « contact » : adresse, accès, horaires, formulaire court et prise de rendez-vous si vous la proposez.
- Des articles pratiques : répondre aux questions que se posent vos clients (« combien de temps dure un divorce par consentement mutuel ? ») attire des visiteurs qualifiés, à condition de rester informatif et non promotionnel.
Le référencement d’un cabinet
Le référencement local
La plupart des clients cherchent un avocat près de chez eux ou de leur entreprise. La fiche Google Business Profile est donc essentielle : catégorie exacte, adresse, horaires, photos, et des avis clients obtenus dans le respect des règles déontologiques. Le site doit reprendre exactement les mêmes nom, adresse et téléphone.
Des pages précises plutôt que générales
« Avocat Paris » est une recherche très disputée. « Avocat licenciement Paris 11 » ou « avocat bail commercial Paris » le sont beaucoup moins, et attirent des clients qui ont déjà un besoin précis. Une page par domaine, avec un vrai contenu, est plus efficace qu’une page d’accueil qui liste tout.
La confiance
Google est particulièrement exigeant sur les sujets juridiques, qui touchent à la vie des gens. Un auteur identifié, des contenus à jour, des sources citées et une présentation professionnelle comptent davantage que dans d’autres secteurs.
Les erreurs fréquentes
- Un nom de domaine générique, non conforme au RIN.
- Des pages copiées d’un autre cabinet ou d’un modèle : Google les ignore.
- Un site lent ou mal lisible sur mobile, alors que la majorité des recherches se font sur téléphone.
- Aucun moyen simple de prendre contact ou rendez-vous.
Questions fréquentes
Un avocat peut-il publier des avis clients sur son site ?
Le vade-mecum du CNB ne traite pas directement des témoignages. Les interdictions de publicité trompeuse et de citation des clients s’appliquent : en cas de doute, interrogez votre Ordre avant de publier.
Combien coûte un site d’avocat ?
Comme tout site vitrine, le prix dépend du nombre de pages, des contenus à rédiger et des fonctionnalités, comme la prise de rendez-vous. Consultez notre guide du prix d’un site internet.
Faut-il un site si l’on est déjà sur un annuaire d’avocats ?
Les annuaires apportent de la visibilité, mais vous y êtes présenté à côté de vos confrères. Un site à votre nom vous permet de présenter votre approche, d’être trouvé sur vos domaines précis et de recevoir les demandes directement.
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Par Théodore Lafond, fondateur de Gentleview, agence digitale à Lyon et Paris.